HEMON Roparz (pseudonyme de Louis Paul Némo). Ecrivains de Bretagne Institut Culturel de Bretagne / Skol Uhel Ar Vro
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HEMON Roparz (pseudonyme de Louis Paul Némo) : (Brest, 1900 - Dublin, 1978). Né le 18 novembre 1900 à Brest. Etudes secondaires au lycée de Brest, puis à Paris, où, en 1918, il prépare le concours d'entrée à l'Ecole polytechnique. Mais, davantage intéressé par les langues, il s'embarque en 1919 pour la Grande-Bretagne et, en 1920, commence des études supérieures à l'Université de Leeds puis à Paris où il obtint l'agrégation d'anglais en 1924. Professeur au lycée de Brest, il y reste jusqu'à la guerre, consacrant toute son énergie à la langue bretonne. Premier article en breton, en 1923, dans le journal Breiz Atao d'Olier Mordrel. Deux ans plus tard, en mars 1925, il publie le premier numéro d'une nouvelle revue littéraire en langue bretonne, Gwalarn (nord-ouest) qui allait bientôt réunir autour d'elle les meilleurs écrivains de langue bretonne de l'époque et constituer l'outil d'un mouvement de renaissance littéraire, que l'on a coutume d'appeler "l'Ecole de Gwalarn". La revue Gwalarn a publié pendant une vingtaine d'années des romans, des nouvelles, des récits, des pièces de théâtre, de la poésie, des articles de critique, des études et des essais. Elle a également fait paraître des traductions d'oeuvres étrangères, d'Andersen, de Boccace, Cervantes, Pouchkine, Shakespeare et bien d'autres grands noms de la littérature mondiale. Travailleur acharné, Roparz Hemon a mené personnellement une oeuvre gigantesque, composant des dictionnaires, des méthodes d'enseignement du breton et une grammaire, écrivant de la poésie, pas moins de 18 pièces de théâtre, des essais et une dizaine de romans, dont plusieurs pour la jeunesse. Mobilisé en 1939, il est blessé en 1940 près de Berck au moment de l'offensive allemande. Bientôt démobilisé, il rentre en Bretagne. En janvier 1940, sous les auspices des autorités allemandes, il lance un hebdomadaire, d'abord bilingue, bientôt totalement en breton, Arvor, qui paraîtra jusqu'en 1944. En juillet 1941, à la demande de Leo Weisgerber, universitaire allemand celtisant affecté au Service de Propagande, avec qui il entrenait des relations intellectuelles et scientifiques, Roparz Hemon remplace Abeozen à la direction des émissions en langue bretonne de la radio Roazhon-Breizh (Rennes-Bretagne). L'année suivante, il prend, la tête de l'Institut celtique de Bretagne, créé en octobre 1941. Entraîné dans la dérive idéologique du nationalisme breton de Breiz Atao, il est séduit par l'idée de "l'Europe nouvelle" promue par les Nazis ce qui lui vaut des menaces de mort à l'approche des Alliés. Après sa fuite en Allemagne, il se livre aux autorités françaises. Au bout d' un an de détention il est acquitté du chef d'accusation de collaboration avec l'ennemi mais condamné à 10 ans d'indignité nationale. Il accepte alors la proposition du gouvernement irlandais de venir à Dublin travailler à l'Institute of Advanced Studies, où il poursuit ses recherches jusqu'à son départ en retraite. En 1951, il lance un mensuel d'informations générales en langue bretonne, Ar Bed Keltiek (le monde celtique), qui paraîtra jusqu'en 1971. Il meurt à Dublin le 29 juin 1978. Son corps, ramené en Bretagne, repose aujourd'hui au cimetière de Brest, sa ville natale. Par l'étendue, la variété et surtout la qualité de son oeuvre, Roparz Hemon apparaît comme l'un des grands écrivains bretons du XXème siècle. On lui doit notamment : Alanig an tri roue (La Baule, Skridoù Breizh, 1950), An ti a drizek siminal (Brest, Al Liamm, 1956, rééd. Hor Yezh, 1998), An Tri boulomig kalon aour (Brest, Al Liamm, 1961), Mari Vorgan (ibid., 1962), Diamantoù Keroulaz (ibid., Al Liamm, 1964), Tangi Kerviler (ibid., 1971), Nenn Jani (ibid., 1974), Troioù kaer ar baron Pouf (Quimper, An Here, 1986).


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